Les nommés du Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre public 2019

Francine Bergé

dans L'Echange

de Paul Claudel

Mise en scène Christian Schiaretti

Le texte date de 1894, mais son intrigue pourrait se dérouler aujourd’hui comme dans l’antiquité. Dans la campagne américaine, un couple de serviteurs croise le couple de ses maîtres ; les forces mêlées du désir et de la cupidité conduisent les quatre protagonistes à d’irrémédiables transgressions. 

Rachida Brakni 

dans J'ai pris mon père sur mes épaules

de Fabrice Melquiot

Mise en scène Arnaud Menier

Énée quitte l’adolescence. Il porte le prénom du héros de L’Énéide, épopée de Virgile inspirée de L’Iliade et de L’Odyssée. Énée accompagne son père qu’un cancer emportera bientôt, il le porte. Il doit apprendre à le regarder mourir. Les deux hommes tentent d’atteindre les portes d’un pays rêvé, far west contemporain, bord de mer du Portugal où le père reposera peut-être. Autour d’eux, il y a les amis, les femmes, les doutes, puis les deuils, les trahisons et le rock. Il y a une amie au secret trouble et un copain musulman qui renonce à l’islam. Tout se passe aujourd’hui, à l’aube des attentats du Bataclan. Et tout vacille.

Fabrice Melquiot, auteur et directeur du Théâtre Am Stram Gram de Genève, a reçu en 2008 le prix du Théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre. Arnaud Meunier, directeur de La Comédie de Saint-Étienne, a mis en scène au Rond-Point Le Problème de François Bégaudeau, Chapitres de la chute et Je crois en un seul dieu de Stefano Massini. Voyage initiatique, J’ai pris mon père sur mes épaules fête un théâtre épique des aventures humaines. Melquiot réinvente une odyssée, machinerie avec intrigues et sous-intrigues, western aux mots directs, dialogues cisaillés. La fable réaliste expose un monde en mouvement, avec ses accrocs et ses tremblements de terre.

Photo : Giovanni Cittadini Cesi

Photo : Christophe Meimoon

Marina Foïs

dans Les Idoles

De Christophe Honoré

Mise en scène Christophe Honoré

Les deux dernières décennies du XXe siècle resteront dans l’Histoire comme “les années sida”. La génération à laquelle appartient Christophe Honoré fut la première à parvenir à l’âge adulte en étant pleinement consciente de cette menace. Honoré a eu vingt ans en 1990, l’année de la mort du cinéaste Jacques Demy. L’année aussi où le chorégraphe Dominique Bagouet créa Jours étranges, dont Honoré vit trois ans plus tard une performance posthume. Bernard-Marie Koltès avait succombé un an plus tôt; un an plus tard, Hervé Guibert était emporté à son tour. Cyril Collard s’apprêtait à tourner Les Nuits fauves, sorti en 1992 – tandis que disparaissait le “ciné-fils” Serge Daney, trois ans avant la mort de Jean-Luc Lagarce... Depuis, Honoré a publié des romans ou des contes pour lecteurs de tous âges, tourné des films pour tous publics, écrit et mis en scène des spectacles, dont Nouveau Roman, où il réinventait déjà des figures d’écrivains aussi célèbres que Butor, Simon, Robbe-Grillet, Duras ou Sagan. En rendant hommage à ses six Idoles – Collard, Daney, Demy, Guibert, Koltès, Lagarce –, à travers six manières singulières d’affronter le désir et la mort en face, Honoré revient aux “jours sinistres et terrifiants” de sa jeunesse. “Un spectacle pour répondre à la question: Comment danse-t-on après?”

Live free, die too young?
A personal homage to six great victims of AIDS
and a moving memoir of their times.

Florence Viala

dans La Locandiera

De Carlo Goldoni 

Mise en scène Alain Françon 

« Je n’ai peint nulle part ailleurs une femme plus séduisante, plus dangereuse que celle-ci », prévient Goldoni dans sa préface à La Locandiera. Avec Mirandolina, il crée l’un des premiers rôles-titres féminins dans l’histoire de la Comédie Italienne, relevant de surcroît de l’emploi des servantes. Assurément, cette femme d’esprit a un charme naturel redoutable auquel succombent les voyageurs qui séjournent dans son auberge, notamment un comte et un marquis. Mais leur concurrence est bientôt perturbée par la présence d’un chevalier dont la misogynie et les manières sauvages agacent la jeune femme et aiguisent sa sensibilité : elle n’aura d’autre rêve que de conquérir son cœur et d’assouvir ainsi son propre désir de vengeance. « Sirène enchanteresse » au caractère frivole, héroïne d’une pièce féministe a-t-on pu dire, la Locandiera outrepasse toutefois ces catégories. Entre l’incarnation du verbe avoir (le Comte, qui a acheté son titre) et celle du verbe être (le Chevalier), Mirandolina affirme le concept de liberté, la réussite par le travail : elle incarne le verbe faire, comme l’explique Myriam Tanant qui signait ici sa dernière traduction.
Dans le prolongement d’un compagnonnage initié en 1986 avec la Troupe qu’il met ici en scène pour la neuvième fois, Alain Françon révèle la grâce incomparable de cette œuvre qui tient à la fois de la complexité des sentiments, des classes sociales et des genres.

Photo : Stéphane Lavoué, coll. Comédie-Française.

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